Facebook et Twitter condamnés à une amende par la Russie pour détention de données à l’étranger

Jeudi, un tribunal de Moscou a infligé une amende aux géants des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour avoir ignoré une loi russe les obligeant à stocker les données des citoyens russes à l’intérieur du pays.

Un tribunal a giflé les sociétés américaines avec des amendes d’environ 63 000 $ pour avoir omis de déplacer leurs serveurs contenant des données d’utilisateurs russes en Russie, ont rapporté les agences de presse russes.

Ils ont 10 jours pour faire appel.

Contacté par l’AFP, Twitter a déclaré que la société n’avait pas commenté les décisions de justice.

Les deux sociétés sont en conflit de longue date avec le chien de garde Internet russe Roskomnadzor depuis l’adoption d’une loi de 2014 exigeant des services de messagerie, des moteurs de recherche et des sites de réseaux sociaux pour stocker des données russes en Russie.

La Russie a déjà bloqué l’application de messagerie Telegram et le réseau professionnel LinkedIn, bien que la première demeure largement accessible dans le pays.

Twitter et Facebook sont largement utilisés par l’opposition politique en Russie et les militants se sont inquiétés du fait que la localisation de données en Russie les rendrait vulnérables aux poursuites.

La Russie a lancé de nombreux cas d’extrémisme et d’incitation à l’agitation après que des utilisateurs du populaire réseau de médias sociaux VK du pays aient republié des messages sur des manifestations politiques ou des images jugées xénophobes.

Dans certains cas, des internautes ont été emprisonnés.

Un récent rapport des groupes de défense des droits Agora et Roskomsvoboda a déclaré qu’en 2019, il y avait eu 200 poursuites pour “activité sur Internet” et que les tribunaux avaient prononcé 38 peines de prison après des condamnations pénales.

Une autre nouvelle loi adoptée en décembre permet à la Russie de couper le trafic Internet des serveurs internationaux, pour réaliser ce que Vladimir Poutine a appelé un “Internet souverain”.

Le responsable de la surveillance d’Internet, Roskomnadzor, a déclaré jeudi que la nouvelle décision contre Twitter et Facebook était la première étape dans l’application de cette loi, ajoutant que les entreprises devaient encore déplacer leurs serveurs, ont rapporté des agences russes.

S’ils refusent de coopérer au cours de l’année prochaine, ils seront passibles d’une deuxième amende de 18 millions de roubles, a indiqué le régulateur, a fait savoir l’agence TASS.